
Mon temps de création habite le temps épais de Donna Haraway, le temps ancré dans le présent.
À la source est la rencontre de milieux, d’outils, que j’apprivoise un à un, qui m’apprivoisent à la manière du renard et du petit prince, et qui deviennent une, des explorations.
Je répond à ma soif d’inattendues, comme la rencontre d’un champignon, d’une chenille, d’un chant d’oiseau. Je me nourris par l’apprentissage et l’exploration de manières de faire à la main. Ce faisant, je bifurque et m’attarde à la réalisation d’œuvres dérivées d’un projet de création en cours, en devenir et même parfois encore inconnu, toujours ouvert à la contamination.
Lors de randonnées en milieu naturel, je capture des impromptus éphémères en photos, courts vidéos et sons. Je ramasse des coquillages, des roches, des algues. Je nage. Je navigue. Je jardine. Je cueille des fleurs sauvages, des champignons. Ces activités dans le réel du temps Chthulucène sont des contaminants parfois des tisanes à la source de mes créations.
Je crée mes animations et mes vidéos par va-et-vient entre mes attardements laissant mon travail ouvert à leurs influences et à l’émergence d’un projet vidéo et/ou d’installation.
Lors d’une exposition, l’œuvre est ouverte et montre son infinitude. Les projections émergent et s’effacent comme une réflexion réelle dans l’eau, mais aussi une sorte de captotromancie qui dévoile le mirage anthropocentriste et narcissique intrinsèque à la virtualité du numérique.
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Savoir attendre et ne rien finir. Toujours continuer son chemin.
Je scénographie le chemin créatif de l’œuvre qui se continue.
Jusqu’à maintenant, mes médias sont le dessin, l’encre, la photographie, l’animation, la vidéo, la lumière, la sérigraphie, la peinture, le bisou-nage électronique DIY, l’enregistrement sonore et l’installation. Plus récemment, la fabrication de papiers et de couleurs avec des végétaux et des algues cueillis sans affecter leur environnement.