Lucie Marchand, artiste visuelle | Héccéités et Tim Ingold
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02 Jan / Héccéités et Tim Ingold

Je viens de terminer la lecture d’un essai (article) qui répond à ma vision du monde (de la vie), celle dont je tente de présenter des rencontres de perceptions. Il décrit bien comment pour moi, l’animalité est nécessaire au sein développement de notre conscience. Et comment, j’ai besoin de la retrouver de plus en plus. En voici la conclusion.

« Loin d’habiter un sol clos meublé par différents objets, les animaux vivent et respirent donc dans un monde de terre et de ciel – ou de terre et de ciel en devenir – où percevoir, c’est accorder ses mouvements en contrepoint aux modulations du jour et de la nuit, de la lumière et du soleil, du vent et du climat. C’est sentir les courants de l’air à mesure qu’ils pénètrent le corps et les textures de la terre sous ses pieds. Dans le monde ouvert, pour laisser le dernier mot à Deleuze,  » aucune ligne n’y sépare la terre et le ciel ; il n’y a pas de distance intermédiaire, de perspective et de contour, la visibilité est restreinte ; et pourtant il y a une topologie extraordinairement fine, qui ne repose pas sur des points ou des objets, mais sur des heccéités, sur des ensembles de relations (vents, ondulations de la neige ou du sable, chant du sable ou craquement de la glace, qualités tactiles des deux) » (Deleuze et Guattari, Mille Plateaux : capitalisme et schizophrénie). Ces heccéités ne sont pas ce que nous percevons, dans la mesure où il n’y a aucun objet à percevoir dans le monde de l’espace fluide. Elles sont plutôt ce que nous percevons avec. Pour résumer, percevoir l’environnement, ce n’est pas rechercher les choses que l’on pourrait y trouver, ni discerner leurs formes solidifiées, mais se joindre à elles dans le flux et les mouvements matériels qui contribuent à leur – et à notre – formation. »

TIM INGOLD, Point, ligne, contrepoint in Marcher avec les dragons, Zones sensibles 2013

http://www.zones-sensibles.org/manifesto/

 

Cette vidéo est en couleur…

À mon avis, il faut penser l’Inframince d’origine duchampienne en tant qu’heccéités. Tout autant la matérialité fluide de la photographie, d’autant plus sa matrice numérique.

By Lucie Marchand in Non classé

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