Lucie Marchand, artiste visuelle | Les contes de la Llorona
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26 Nov / Les contes de la Llorona

En 2002, je lisais Femmes qui courent avec les loups de CLARISSA PINKOLA ESTÉS.  Aux pages 412 – 414, j’y ai découvert deux versions du conte de la Llorona. Jusqu’alors, je connaissais seulement la chanson du même nom que de charmants rancheros avaient chanté à ma demande au Mexique. Je pensai que la forme du conte suivait l’évolution de la vie et que j’avais envie de créer en suivant un tel chemin, soit en créant des oeuvres inachevées qui se transforment d’une exposition à une autre.

 

La Llorona (version classique)

Un riche hidalgo courtise une femme très belle mais pauvre et obtient ses faveurs. Elle lui donne deux fils sans qu’il daigne l’épouser. Un jour, il lui annonce qu’il rentre en Espagne pour s’y marier avec une femme riche choisie par sa famille et qu’il emmène ses fils avec lui.
 Véritablement folle de douleur, la jeune femme se comporte comme toutes celles qui se trouvent dans cet état et hurlent leur souffrance. Elle se griffe le visage, se jette sur lui, le lacère, se lacère. Puis elle prend avec elle ses deux petits garçons et court vers la rivière, dans laquelle elle les précipite. Les enfants se noient et La Llorona s’effondre sur la rive, où elle meurt de chagrin. 
L’hidalgo rentre en Espagne et épouse la femme riche. L’âme de La Llorona monte au paradis. Là, on lui dit à la porte qu’elle peut entrer au paradis car elle a souffert, mais pas avant qu’elle ait récupéré l’âme des deux enfants dans la rivière. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui que La Llorona, la femme qui pleure, balaie la rive de ses longs cheveux, plonge ses longs doigts dans l’eau pour sonder le fond à la recherche de ses fils. C’est aussi la raison pour laquelle les petits enfants ne doivent pas aller se promener au bord de l’eau après la tombée de la nuit, car La Llorona pourrait les prendre pour ses propres enfants et les emmener à tout jamais.

La Llorona (une version plus moderne)

La Llorona était avec un riche hidalgo qui avait des usines sur la rivière. Malheureusement les choses tournèrent mal. Pendant qu’elle était enceinte, La Llorona but de l’eau de la rivière. Ses enfants, deux garçons, furent aveugles à la naissance, et ils avaient des mains palmées, car l’hidalgo avait empoisonné la rivière avec les rejets de ses usines.
 L’hidalgo déclara à la Llorona qu’il ne voulait ni d’elle ni des enfants. Il épousa une femme riche, qui voulait s’approprier ce qui était fabriqué dans les usines. La Llorona jeta les bébés dans la rivière pour leur éviter une vie pénible et mourut sur-le-champ de chagrin. Elle monta au paradis, mais Saint-Pierre lui dit qu’elle ne pourrait entrer avant d’avoir retrouvé l’âme de ses fils. Alors, maintenant, La Llorona cherche indéfiniment ses enfants du regard dans la rivière polluée, mais elle ne voit rien, car la rivière est sale et sombre, maintenant son fantôme racle le fond de la rivière avec ses longs doigts, maintenant elle erre sur les rives en appelant sans cesse ses enfants.

retour au projet d’installation Llorona, 1982

By Lucie Marchand in Non classé

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